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Chansons sur toi et nous




Françoise Hardy revisite ses chansons


D’abord, elle a refusé. Puis, elle s’est ravisée et a accepté la proposition
de commenter ses textes, ceux écrits pour elle, mais aussi pour
les autres, dans le livre Chansons sur toi et nous.


Croyez-vous au pouvoir des chansons ?

Françoise Hardy : Oui. Les chansons sentimentales, romantiques, qui expriment une émotion authentique provenant du plus profond de soi, me transcendent et me font pleurer...


A quoi sert une chanson ?

Je n’aime pas le mot servir pour qualifier la chanson ou la musique. Faire une chanson, c’est souvent faire quelque chose de beau, qui émeut, qui fait rêver ou qui met en joie, à partir de quelque chose de banal, de courant. Quoi de plus banal qu’un chagrin d’amour ?


S’il n’y avait qu’une chanson que vous voudriez
que l’on retienne de vous, ce serait laquelle ?

C’est impossible de vous répondre, il y en a tout de même beaucoup, voire trop ! Pas Tous les garçons et les filles, ni Le Temps de l’amour, ni Comment te dire adieu, ni Mon amie la rose, celles dont on me parle le plus souvent ! Peut-être Je suis de trop ici. Le désespoir que l’on ressent quand on constate, sans rien dire, que l’autre est attiré ailleurs, a abouti, dans mon cas, à quelque chose à la fois de beau et d’émouvant.


Auriez-vous rêvé d’une autre vie ?

Vivre une autre vie ne m’a pas effleuré l’esprit. J’ai toujours pensé que j’avais eu beaucoup de chance, à commencer par celle d’avoir un mari et un fils exceptionnels, et aussi celle d’avoir un petit don pour repérer les bonnes mélodies et écrire de bons textes, qui touchent un certain public. Avoir un physique télégénique est également une chance, mais là, on n’a aucun mérite pour ça !


Interview Frédérick Rapilly
Chansons sur toi et nous, Ed. des Equateurs.
Olivier Lejeune/MAXPPP




galanteries parmi les fleurs





Paris change ! mais rien dans ma mélancolie
N’a bougé ! palais neufs, échafaudages, blocs,
Vieux faubourgs, tout pour moi devient allégorie,
Et mes chers souvenirs sont plus lourds que des rocs.


*


Quand parfois sur ce globe, en sa langueur oisive,
Elle laisse filer une larme furtive,
Un poète pieux, ennemi du sommeil,

Dans le creux de sa main prend cette larme pâle,
Aux reflets irisés comme un fragment d’opale,
Et la met dans son cœur loin des yeux du Soleil.


*


Ils prennent en songeant les nobles attitudes
Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,
Qui semblent s’endormir dans un rêve sans fin ;

Leurs reins féconds sont pleins d’étincelles magiques,
Et des parcelles d’or, ainsi qu’un sable fin,
Étoilent vaguement leurs prunelles mystiques.


*


Pourquoi, l’heureuse enfant, veux-tu voir notre France
Ce pays trop peuplé que fauche la souffrance

Et, confiant ta vie aux bras forts des marins
Faire de grands adieux à tes chers tamarins 


*


Leur attitude au sage enseigne
Qu’il faut en ce monde qu’il craigne
Le tumulte et le mouvement ;

L’homme ivre d’une ombre qui passe
Porte toujours le châtiment
D’avoir voulu changer de place.


*


Le Coucher du soleil romantique

Que le soleil est beau quand tout frais il se lève
Comme une explosion nous lançant son bonjour
— Bienheureux celui-là qui peut avec amour
Saluer son coucher plus glorieux qu’un rêve

Je me souviens !… J’ai vu tout, fleur, source, sillon
Se pâmer sous son œil comme un cœur qui palpite…
— Courons vers l’horizon, il est tard, courons vite
Pour attraper au moins un oblique rayon


*


Quand je te vois passer, ô ma chère indolente,
Au chant des instruments qui se brise au plafond
Suspendant ton allure harmonieuse et lente,
Et promenant l’ennui de ton regard profond...


*


Comme un navire qui s’éveille
Au vent du matin
Mon âme rêveuse appareille
Pour un ciel lointain


*


La mer, la vaste mer, console nos labeurs
Emporte-moi, wagon ! enlève-moi, frégate
Loin ! loin ! ici la boue est faite de nos pleurs


*


La musique souvent me prend comme une mer
Vers ma pâle étoile
Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther
Je mets à la voile


*


Leurs feux sont ces pensers d’Amour, mêlés de Foi,
Qui pétillent au fond, voluptueux ou chastes.


*


Comment, amour incorruptible
T’exprimer avec vérité


*


M. Charles Baudelaire a fait don, sans réserve, de ces
poèmes, à un ami qui juge à propos de les publier, parce
qu’il se flatte de les goûter, et qu’il est à un âge où l’on
aime encore à faire partager ses sentiments à
des amis auxquels on prête ses vertus.

L’auteur sera avisé de cette publication en même
temps que les deux cents soixante lecteurs probables qui
figurent — à peu près, — pour son éditeur bénévole, le
public littéraire en France, depuis que les bêtes y ont
décidément usurpé la parole sur les hommes.

Charles Baudelaire, Les Épaves, 1866
Avertissement de l’éditeur


*



Ce pour quoi



To believe in God means to take for granted that it is man's destiny to rise above the brute and to eliminate all forms of violence and exploitation from human society.


Croire en Dieu signifie prendre pour acquis que le destin de l'homme est de s'élever au-dessus de la brute et d'éliminer toutes les formes de violence et d'exploitation de la société humaine.


~MMK


*

Je  te  veux  comme  un  arc en ciel

A  distance…  d’un  p r é s e n t i e l


*


Ce pour quoi faudrait qu’on milite

Quelque  chose entre Eve et Lilith


Pacifique e n g a g é e

Pas un temps partagé


*



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